La fausse fourrure, ou fourrure synthétique, est un tissu à poil qui imite le pelage d’un animal. Elle apparaît en 1929, faite de poil d’alpaga fixé sur un support textile, et devient synthétique au milieu des années 1950 avec l’arrivée des fibres acryliques. Aujourd’hui, elle est faite de polyester, d’acrylique ou de modacrylique, des fibres dérivées du pétrole.
Cet article retrace son histoire, explique de quoi elle est faite, ce qu’elle apporte par rapport à la fourrure animale, et ses limites, qu’il vaut mieux connaître avant d’acheter.
La fourrure animale, et pourquoi on a voulu l’imiter
La fourrure désigne le pelage dense de certains mammifères, et par extension la peau tannée avec son poil, puis le vêtement qu’on en fait. Chez l’animal, elle sert d’abord à réguler la température : l’air immobile retenu entre les poils isole du froid.
Portée d’abord pour se protéger, elle devient très tôt un signe de rang. Au Moyen Âge, des lois somptuaires réservent certaines fourrures, comme l’hermine, à la noblesse. Au XXe siècle, le manteau de vison devient l’emblème du luxe porté au cinéma.
Ce prestige a un défaut : la fourrure est chère, et rare pour les espèces les plus demandées. Les premiers élevages d’animaux à fourrure apparaissent en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle pour répondre à la demande. L’imitation naît du même besoin, avec une autre réponse.
De l’alpaga à l’acrylique : les trois étapes
1929. Les premières fausses fourrures sont faites de poil d’alpaga, un camélidé d’Amérique du Sud, fixé sur un support textile. Elles sont grises ou brunes, peu convaincantes, mais chaudes et bon marché.
Les années 1940. Les progrès de la fabrication textile améliorent la densité et la tenue du poil.
Le milieu des années 1950. Les fibres acryliques remplacent le poil d’alpaga. Plus légères, plus faciles à teindre et à texturer, elles donnent la fausse fourrure telle qu’on la connaît. Le modacrylique, une variante de l’acrylique, s’ajoute ensuite : plus souple au toucher, il s’enflamme moins facilement.
De quoi est faite une fausse fourrure aujourd’hui
Deux éléments : des fibres, qui forment le poil, et une trame, tricotée ou tissée, qui les retient.
Les fibres sont du polyester, de l’acrylique ou du modacrylique, seuls ou mélangés. Toutes trois sont des fibres synthétiques issues de la pétrochimie. Le polyester domine dans les pièces courantes, en particulier la moumoute ; le modacrylique se trouve surtout dans les fausses fourrures haut de gamme.
Le poil est ensuite coupé à longueur, lustré et fixé à la chaleur, ce qui lui donne son tombé. C’est aussi pour cela que la chaleur l’abîme : au-delà de sa température de fixation, il se tord et ne revient plus. Le détail de la fabrication est dans notre article comment est fabriquée la fausse fourrure.
Ce qu’elle apporte
Aucune matière animale. Ni élevage, ni abattage, ni tannage de peaux. C’est la raison pour laquelle la plupart des acheteurs la choisissent.
Un prix accessible. Un manteau en fausse fourrure coûte une fraction d’un manteau de vison ou de renard.
Un entretien à la maison. Une fausse fourrure se lave à la main ou en machine à 30 °C, selon l’étiquette. Une vraie fourrure ne voit jamais l’eau : elle se confie à un fourreur.
Toutes les couleurs. La fibre se teint dans n’importe quelle teinte, y compris celles qu’aucun animal ne porte.
Une bonne tenue à l’humidité. Les fibres synthétiques absorbent très peu l’eau : une averse ne l’abîme pas, alors qu’une peau mouillée peut durcir en séchant.
Ses limites, à connaître avant d’acheter
Elle vient du pétrole. Ses fibres sont des plastiques. Le choix de la fausse fourrure est un choix pour les animaux, pas un choix sans impact.
Elle ne se biodégrade pas. Une fibre synthétique jetée persiste pendant des siècles. Ses fragments restent dans l’environnement.
Elle libère des microfibres au lavage. Comme tous les textiles synthétiques, polaire comprise.
Trois gestes réduisent ces effets : laver moins souvent, en brossant et en aérant entre deux lavages ; laver à froid, en filet, avec un essorage faible, ce qui limite aussi l’usure du poil ; et surtout garder la pièce longtemps. Une fausse fourrure entretenue tient plusieurs hivers. En fin de vie, elle se dépose dans un point de collecte des textiles plutôt qu’à la poubelle.
Une mode plus durable passe moins par la matière que par la durée de vie : acheter moins, choisir des coupes qui ne datent pas, et entretenir. Notre guide laver la fausse fourrure donne la méthode.
La fourrure animale en France aujourd’hui
La loi du 30 novembre 2021 interdit en France l’élevage d’espèces non domestiques pour leur seule fourrure, comme le vison d’Amérique. Cette loi ne vise que l’élevage : elle n’interdit pas la vente de fourrure.
Dans la mode, plusieurs grandes maisons ont renoncé à la fourrure animale, dont Chanel fin 2018. Pour qui aime l’allure d’un manteau de fourrure sans ses questions, la fausse fourrure, une pièce ancienne ou l’occasion sont les trois réponses.
Pour faire la différence au premier coup d’œil, notre guide vraie ou fausse fourrure, 6 tests. Pour les animaux que la fausse fourrure imite, et le statut de leur commerce : animaux à fourrure, la liste.
Questions fréquentes
Comment s’appelle la fourrure artificielle en fibre synthétique ?
Fourrure synthétique, fausse fourrure ou imitation fourrure : les trois désignent la même chose. En anglais, faux fur. Les fibres elles-mêmes s’appellent polyester, acrylique ou modacrylique. À poil court et frisé, on parle de moumoute, de borg, de sherpa ou de teddy.
Quand la fausse fourrure a-t-elle été inventée ?
En 1929, en poil d’alpaga. La version synthétique, en fibres acryliques, date du milieu des années 1950.
La fausse fourrure est-elle vegan ?
Elle ne contient aucune matière animale : poil synthétique, trame textile, doublure synthétique. Vérifiez seulement les finitions d’une pièce, boutons ou bordures, sur l’étiquette.
La fausse fourrure est-elle écologique ?
Non, au sens strict. Elle évite l’élevage et l’abattage, mais elle est issue du pétrole, ne se biodégrade pas et libère des microfibres au lavage. Son bilan dépend surtout du nombre d’hivers qu’on la porte.
Est-ce qu’on porte encore de la fourrure à Paris ?
Oui, mais le contexte a changé. L’élevage d’espèces non domestiques pour leur fourrure est interdit en France depuis la loi du 30 novembre 2021, et plusieurs maisons de mode parisiennes ont cessé de travailler la fourrure animale. La fausse fourrure donne la même allure sans ces questions.
La fausse fourrure tient-elle aussi chaud que la vraie ?
Au repos et sans vent, la différence est faible. Par vent fort, la vraie fourrure coupe mieux le vent, parce qu’elle pousse dans une peau étanche à l’air. Une fausse fourrure doublée compense ce point. Le détail : la fausse fourrure tient-elle chaud.
Pour aller plus loin
Choisir une pièce : le manteau en fausse fourrure femme, le manteau en fourrure homme, la veste moumoute femme.
Les rayons : manteaux femme, manteaux homme, vestes femme.
